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33 - AUGMENTER l'EFFICACITE ENERGETIQUE DANS UNE ECONOMIE DE NOUVEAUX MATERIAUX - Partie II

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Earth Policy Institute, extrait du livre Plan B 3.0
Pour diffusion immédiate, le 5 août 2008

AUGMENTER l'EFFICACITE ENERGETIQUE DANS UNE ECONOMIE DE NOUVEAUX MATERIAUX -
Partie I
I

http://www.earthpolicy.org/Books/Seg/PB3ch11_ss6b.htm

Lester R. Brown, traduit par Marc Zischka

Il existe un grand potentiel mondial dans la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) en réduisant l’utilisation des matériaux. Cela débute avec les principaux métaux (acier, aluminium, et cuivre) dont le recyclage ne demande qu’une fraction de l’énergie nécessaire à la production de ces métaux à partir de minerai vierge, et se poursuit avec le recyclage et le compostage des déchets ménagers. Cela se prolonge en concevant des véhicules, appareils électroménagers, et autres produits de façon qu’ils soient facilement démontables en leurs différents composants pour réutilisation ou recyclage.

L’Allemagne, et plus récemment le Japon demandent que des produits comme les automobiles, les appareils électroménagers, et les équipements de bureaux soient conçus pour un démontage facile et le recyclage. En Mai 1998, le parlement japonais a voté une loi sévère pour le recyclage des appareils électroménagers, qui interdit de jeter les appareils électroménagers, comme les machines à laver, les téléviseurs, ou les climatiseurs. Les consommateurs supportent le coût du désassemblage des appareils sous la forme d’une cotisation à destination des entreprises de recyclage, qui peut représenter 40 € pour un réfrigérateur ou 23 € pour une machine à laver. La pression pour concevoir des appareils électroménagers pour être désassemblées facilement et à moindre coût est forte.

Un concept proche est celui du remanufacturing. Au sein du secteur de l’industrie lourde, Caterpillar est devenu un leader. Dans une usine à Corinth, dans le Mississippi, ils recyclent des moteurs diesel déchargés de quelques 17 poids lourds, chaque jour. Ces moteurs, récupérés des clients de Caterpillar, sont désassemblés à la main par des travailleurs qui ne jettent aucune pièce, pas même un verrou ou une vis. Une fois que le moteur est désassemblé, il est ensuite ré-assemblé avec les pièces usées réparées. Le moteur résultant est aussi performant qu’un neuf. La division remanufacturing de Caterpillar encaisse 665 millions d’euros par an et croît de 15 pour cent par an, contribuant de façon impressionnante aux résultats de la compagnie.

Une autre industrie émergente est le recyclage d’avions de ligne. Boeing et Airbus, qui ont été en compétition pour construire des avions pendant près de 40 ans, rivalisent maintenant pour voir qui les désassemble le plus efficacement. La première étape est de démonter les pièces revendables, comme les moteurs, les trains d’atterrissage, fours de cuisinette, et des centaines d’autres pièces. Pour un gros porteur, ces pièces essentielles peuvent se vendre pour 2,65 millions d’euros. Vient ensuite le démontage final et le recyclage de l’aluminium, du cuivre, du plastique, et des autres matériaux. La prochaine fois l’aluminium pourrait réapparaître dans des voitures, bicyclettes, ou un autre avion de ligne. L’objectif est de recycler 90 pour cent de l’avion, et peut être un jour 95 pour cent ou plus. Avec plus de 3 000 avions de ligne mis à la retraite et encore plus à suivre, cette flotte devient l’équivalent d’une mine d’aluminium.

Le besoin de pouvoir démonter et recycler les ordinateurs qui deviennent obsolètes en quelques années alors que la technologie progresse, est un challenge d’une importance capitale dans la construction d’une éco-économie. En Europe, les entreprises de technologies de l’information (IT) se dirigent vers une réutilisation de premier rang des composants des ordinateurs. Parce que la loi européenne demande que les fabricants paient pour le ramassage, le désassemblage et le recyclage des produits toxiques dans les équipements informatiques, les fabricants ont commencé à se concentrer sur comment tout démonter, depuis un ordinateur jusqu’aux téléphones portables. Nokia, par exemple, a conçu un téléphone portable qui se désassemble virtuellement tout seul.

Patagonia, un détaillant de matériel de plein air, a lancé un programme de recyclage de vêtements en démarrant avec les fibres de polyester de ses vêtements. Aujourd’hui Patagonia recycle non seulement les vêtements en polyester qu’elle vend mais aussi vendus par ses concurrents. Patagonia estime qu’un vêtement fabriqué à partir de polyester recyclé, qui n’est pas distinguable du polyester initial fait à partir de pétrole, utilise seulement un quart de l’énergie. Avec ce succès, Patagonia commence à travailler sur des vêtements en nylon et prévoit aussi de recycler les vêtements en coton et en laine.

En plus des mesures qui encouragent le recyclage des matériaux, ils y a celles qui encourage la réutilisation des produits comme les récipients pour les boissons. La Finlande, par exemple, a interdit l’utilisation de récipients pour boissons à usage unique. L’île canadienne Prince Edward a adopté une interdiction similaire sur tous les récipients non réutilisables. Le résultat, dans les deux cas, a grandement réduit le flux de déchets vers les décharges.

Une bouteille en verre réutilisable demande 10 fois moins d'énergie par utilisation qu’une canette en aluminium recyclé. Nettoyer, stériliser, et re-étiquetter une bouteille utilisée demande peu d’énergie comparé aux canettes recyclées en aluminium, qui a un point de fusion de 660 degrés Celsius. Interdire les récipients non réutilisables est une option qui apporte cinq gains: réduire l’utilisation de matière, les émissions de carbone, la pollution de l’air, la pollution de l’eau, et les flux de déchets vers les décharges. Il y a aussi des économies substantielles de carburants pour le transport, puisque les récipients rechargeables sont simplement transportés sur des courtes distances par les camions vers les usines d’embouteillages ou les brasseries pour un nouveau remplissage.

Une autre option de plus en plus attractive pour réduire les émissions de CO2 est de décourager les activités intensives en énergie, mais aussi les industries non essentielles, pour utiliser un terme de la seconde guerre mondiale. Les industries de l’or et de l’eau embouteillée sont des exemples de premier choix. La production mondiale de 2 500 tonnes d’or demande le traitement de 500 millions de tonnes de minerai, plus d’un tiers de la masse de minerai vierge utilisé pour produire l’acier chaque année. Une tonne d’acier nécessite deux tonnes de minerai. Pour une tonne d’or, dans un contraste total, le chiffre est de 200 000 tonnes de minerai. Traiter 500 millions de tonnes de minerai consomme une grande quantité d’énergie, et émet autant de CO2 que 5,5 millions de voitures.

D’un point de vue climatique, il est très difficile de justifier l’eau embouteillée, qui au départ est souvent de l’eau du robinet, la transporter ensuite sur de longues distances et la vendre à des prix folkloriques. Un marketing intelligent, conçu pour saper la confiance du public dans la sécurité et la qualité de l’eau municipale, a convaincu beaucoup de consommateurs que l’eau embouteillée est plus sûre et plus saine que celle qu’ils peuvent avoir à leurs robinets. Cependant, aux États-Unis et en Europe il y a plus de normes régissant la qualité de l’eau du robinet que l’eau embouteillée. Pour les gens vivant dans les pays en voie de développement où l’eau est peu sûre, il est plus économique de faire bouillir ou de filtrer l’eau que de l’acheter en bouteilles.

Fabriquer les presque 28 milliards de bouteilles en plastique utilisées pour emballer l’eau aux États-Unis demande 17 millions de barils de pétrole. En incluant l’énergie pour le camionnage de 1 milliard de bouteilles d’eau toutes les deux semaines des usines d’embouteillage vers les supermarchés ou les épiceries pour la vente, en parcourant parfois des centaines de kilomètres, et l’énergie nécessaire pour la réfrigération, l’industrie de l’eau embouteillée consomme environ 50 millions de barils de pétrole par an.

La bonne nouvelle est que les gens commencent à voir à quel point cette industrie perturbe le climat. Les maires des villes américaines réalisent qu’ils dépensent des millions d’euros venant des contribuables pour acheter de l’eau embouteillée à leurs employés, de l’eau qui coûte 1 000 fois plus que l’eau du robinet déjà disponible. Le maire de San Francisco Gavin Newsom a interdit l’utilisation des fonds municipaux pour acheter l’eau embouteillée dans les immeubles de la ville, sur les sites gérés par la ville, et sur tous les événements sponsorisés par la ville. Les villes qui poursuivent une stratégie similaire incluent Los Angeles, Salt Lake City, et St. Louis. (Voir les exemples supplémentaires sur http://www.earthpolicy.org/Updates/2007/Update68_data.htm.)

Augmenter l’efficacité énergétique pour compenser la croissance prévue de la demande d’énergie est une composante essentielle du projet du Plan B pour réduire les émissions nettes de CO2 de 80 pour cent d’ici 2020, stoppant ainsi la hausse du CO2 atmosphérique et nous aidant à garder les hausses futures de températures à un minimum. (Voir le projet http://www.earthpolicy.org/Books/PB3/80by2020.htm.) Réduire l’utilisation de matière au travers des mesures que nous venons de décrire vont nous aider à atteindre ce but, rapprochant le monde d’une stabilité des températures.

*Allez sur http://www.earthpolicy.org/Books/Seg/PB3ch11_ss6a.htm pour lire la première partie de : AUGMENTER l’EFFICACITE ENERGETIQUE DANS UNE ECONOMIE DE NOUVEAUX MATERIAUX en anglais, et sur http://www.ecologik-business.com/newsletters/newsle32.html pour la version française.

 

 

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Adapté du chapitre 11, “Augmenter l'efficacité énergétique,” dans Plan B 3.0: Mobilizing to Save Civilization (New York: W.W. Norton & Company, 2008) de Lester R. Brown, disponible à l'achat et en téléchargement gratuit sur : http://www.earthpolicy.org/index.php?/books/pb3

Information complémentaire: www.earthpolicy.org

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